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Dimanche 5 novembre 2017
XXVIII XXXIème Dimanche du T.O., Année A

samedi 4 novembre 2017, par paroissebonniere

La nouvelle traduction du Notre Père

La prière du Notre Père est celle que le Christ nous a enseignée lui-même. Nous la trouvons dans l’Evangile de St Matthieu (6,9-13) et dans celui de Saint Luc (11,2-4). Après l’adresse à Notre Père, Jésus met sur nos lèvres 7 demandes :

- Trois sont tournées vers Dieu : qu’il soit reconnu et aimé (ton nom sanctifié), que vienne en nos coeurs et dans le monde son règne d’amour et de paix, que se réalise son projet d’amour et de réussite de la création.
- Quatre autres portent sur nos besoins fondamentaux : le pain quotidien et trois demandes qui portent sur notre combat contre le mal : le pardon reçu qui ouvre le pardon donné ; l’aide pour refuser la tentation, et la délivrance du Mal.

La Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé l’entrée en vigueur de la nouvelle traduction du « Notre Père », dans toute forme de liturgie publique, le 3 décembre 2017 c’est à dire le premier dimanche de l’Avent 2017 qui ouvrira une nouvelle année liturgique.

Désormais, nous ne dirons bientôt plus « Ne nous soumets pas à la tentation », mais « Ne nous laisse pas entrer en tentation ». La formule en usage depuis 1966 «  ne nous soumets pas à la tentation » pouvait donner à penser que Dieu pourrait nous soumettre à la tentation, nous éprouver en nous sollicitant au mal Dieu ne tente personne. Dans son épître, Saint Jacques le rappelle vigoureusement : Que nul, quand il est tenté, ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne (Jc 1, 13). Dans ce sens, Dieu ne peut donc nous « soumettre » à la tentation, dans le sens littéral. Il y aurait confusion entre Dieu et le tentateur, Satan. D’où l’accusation de blasphème concernant la traduction courante.
La nouvelle traduction du sixème verset du Notre Père, « Ne nous laisse pas entrer en tentation », écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation. Le verbe « entrer » reprend l’idée ou l’image du terme grec d’un mouvement, comme on va au combat, et c’est bien du combat spirituel dont il s’agit. Demander de ne pas entrer en tentation, c’est donc demander à ne pas douter de la présence de Dieu au milieu de nous. C’est en ce sens que Jésus dit à ses disciples, à Gethsémani : priez pour ne pas entrer en Tentation (Mt 26, 41 ; Mc 14, 38 ; Lc 22, 40.46). Car bientôt ils seront amenés à douter qu’il est vraiment Dieu. L’esprit est ardent, mais la chair est faible ! (Ibid.) Il est si simple de douter, de quitter ensuite Jérusalem l’espoir en berne, en se disant : « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël » (Lc 24, 21). Alors c’est là le sens profond de cette demande : Seigneur, garde-nous de douter de toi !
Puisse Notre Père vous combler et faire pleuvoir sur vous une pluie de grâces !

Abbé Landry Védrenne, curé doyen