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Dimanche 30 mars 2014, Carême IV

samedi 29 mars 2014, par paroissebonniere

Le temps du carême : temps du pardon

 Le sacrement de la réconciliation n’est pas toujours facile à pratiquer. Si certains y vont spontanément, pour d’autres, cela peut être une démarche très difficile. Pourquoi est-ce si difficile ? Voir son péché est une grâce de Dieu. Paradoxalement, il est parfois difficile de trouver son péché… La raison profonde est que la connaissance de notre péché n’est pas le résultat d’une introspection ou d’une série de questions : « Est-ce que j’ai fait cela ? Est-ce que je n’ai pas fait cela… ? etc » mais elle est le fruit d’une révélation par l’amour de Dieu. C’est l’amour de Dieu qui vient éclairer le cœur de l’homme et révéler comme en ombre ce qui a manqué à l’amour, ce qui est sans amour ou hors de l’amour. La conscience de notre péché ne suffit pas. Il faut oser l’avouer et le remettre à Dieu dans le sacrement de réconciliation. Nous pouvons alors ouvrir notre cœur, car nous sommes devant un regard de miséricorde, et non pas devant un regard qui accuse.

 La force même du pardon de Dieu est de distinguer la personne et l’acte. Je ne suis pas les actes que j’ai commis car je suis enfant de Dieu, aimé de Dieu, unique sous le regard de Dieu. Tout homme, quels que soient son passé et son histoire, porte en lui l’empreinte même de Dieu qui est d’être image et ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 27) : voilà notre véritable identité.Dans le sacrement de réconciliation, Dieu veut recréer, restaurer l’homme. En ce sens, le pardon n’est pas comme l’ardoise que l’on effacerait, mais bien plutôt ce qui nous permet d’assumer notre passé et notre histoire. Le drame du remord, qui peut empêcher quelqu’un de vivre et d’être heureux pendant des dizaines d’années parfois, c’est que l’on peut « tenir son péché », l’identifier à soi et ne jamais oser le dire. Or, tant qu’on ne dit pas, on n’est pas libre. Nous avons besoin du pardon pour respirer. A certains moments, cela peut même être une libération extraordinaire d’entendre cette parole de Dieu qui me dit – par le « je » que prononce le prêtre – : « je vous pardonne tous vos péchés » ; c’est-à-dire : « je te redonne la paix, la vie, un avenir ; je te rends l’intégrité et la beauté de ton être. » Le fruit du sacrement de réconciliation, c’est donc la liberté, car on n’est libre que lorsqu’on aime. « Ceux à qui vous remettrez les péchés, il leur seront remis. » (Jean 20, 23) Seul Dieu peut pardonner les péchés. Mais le pouvoir que Dieu a remis à son Fils, il l’a remis à l’Eglise afin que, par le ministère des prêtres, l’homme puisse être pardonné et repartir d’une façon nouvelle. Cela nous est remis, donné dans le sacrement de réconciliation.


D’après des enseignements de Monseigneur Jérôme Beau, Evêque auxiliaire de Paris (Conférence de Mgr Beau au Collège des Bernardins sur le thème :

« Se confesser, est-ce que cela change quelque chose ? »)